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Il était une fois...
La vie des Salinger est loin d'être un conte de fée. La série commence six mois après le décès de Nicolas et Diana Salinger dans un accident de voiture provoqué par un automobiliste ivre. Ils laissent cinq orphelins, cinq enfants âgés de 11 mois à 24 ans. Pour éviter de les séparer et de les disperser dans des familles d'accueil, il a été décidé de nommer le plus âgé et seul majeur d'entre eux, Charlie, comme tuteur légal de ses frères et soeurs. Le problème, c'est que Charlie est plutôt du genre "électron libre". Fuyant les responsabilités mais collectionnant les petits jobs et les aventures amoureuses, il se voit mal assumer le rôle de père du jour au lendemain. Mais les services sociaux sont à l'affût de la moindre faute. Charlie en prend conscience et vient s'installer avec les siens dans la demeure familiale. On se partage les tâches : sur Charlie repose la base légale de la famille ; Bailey, 16 ans, se charge des tâches matérielles ; Julia, 15 ans, tentera de devenir la figure maternelle de la famille ; Claudia, 12 ans, deviendra la conscience du groupe en mettant ses aînés devant leurs responsabilités et Owen, 11 mois, sera le centre de gravité qui empêchera la famille de se disloquer. Le vide à l'origine de tout...
La famille est souvent le thème central des séries américaines et la part jouée par les parents presque toujours incontournable. Le problème chez les Salinger, c'est que les parents ne sont plus là ! Et aucun adulte, parent ou ami, n'est là pour les remplacer. Les cinq orphelins sont seuls au monde, ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes. Mais ils sont tous à un âge critique où on s'appuie sur les parents pour assumer les responsabilités. Charlie est un jeune adulte qui vient de quitter le nid familial pour voler de ses propres ailes au risque de s'écraser mais sans dommages grâce au parachute parental. Bailey et Julia sont des adolescents en quête de leur identité, à la découverte de leur corps, de leurs sentiments, de leur sexualité. Claudia et Owen sont des enfants, fragiles et dépendants. Les voilà donc livrés à eux-mêmes à un moment capital de leur vie. Le malheurs, un mode de vie ?
Si vous êtes un fan de la première heure, avez-vous déjà tenté d'énumérer la liste des malheurs qui sont tombés sur les Salinger ? Je ne m'y aventurerai pas car elle est longue, très longue. Quelques exemples tout de même et dans le désordre : alcoolisme, grossesse précoce, cancer, mariage raté, divorce, endettement, échec scolaire, dyslexie, drogue, tremblement de terre, pédophilie, petit copain violent.... Ces péripéties sont souvent l'occasion d'aborder des thèmes de société comme l'avortement, la famille monoparentale, l'adoption, la violence conjugale, l'homosexualité... Mais ces sujets ne sont pas abordés de front. Les auteurs ne prennent pas position. Ils mettent simplement en scène un personnage confronté à un problème et comment il réagit. Pas de voyeurisme mais beaucoup de pudeur.
Un succès mérité mais pas immédiat
La série a eu du mal à s'imposer. Lors de la première saison, elle obtenait un succès d'estime auprès des critiques et des journalistes mais ses scores d'audience restaient faibles. Dans un classement établi à la fin de cette première année, Party of Five se retrouvait 123ème sur ... 141. L'annulation était proche. Mais grâce à l'action de certains téléspectateurs, à la faveur du président de la Fox, la chaîne de diffusion, et au gain d'un Humanitas Award pour l'épisode "Thanksgiving", la série est reconduite pour une deuxième saison. Un Golden Globe, reçu face à des séries comme NYPD Blue et Urgences, affermit son succès qui ne cessera de se conforter. Les saisons se suivent mais, lorsque certains acteurs rencontrent le succès au cinéma et y envisagent une carrière à temps complet, les producteurs et les créateurs doivent se résigner à mettre un point final à ces aventures au bout de six années.... pour notre plus grande tristesse ;o(
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